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Seven Swords

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les avis de Cinemasie

13 critiques: 2.87/5

vos avis

64 critiques: 3.46/5



Xavier Chanoine 3.75 La patte d'un grand sublime le déjà-vu
MLF 3.5 Du Tsui Hark tout chraché !
Arno Ching-wan 4 L'enfer des sept armes
Marc G. 1.5 Téléfilm de luxe
Elise 3.5 Bon retour de Tsui Hark sans les grandes pompes
Astec 3.5 Cette façon de le voir...
jeffy 3 Grand et décevant
Ordell Robbie 3 Un Tsui Hark bancal à la place du grand retour espéré
drélium 2 Épique XS
Archibald 2 Tout ça pour ça ?!
François 2.5 Trop long car trop court.
Ghost Dog 2 Très laborieux
Anel 3
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


La patte d'un grand sublime le déjà-vu

En revoyant Seven Swords près de trois ans après sa sortie, il était temps de remettre les points sur les i quant au dernier vrai film -inégal- d'un géni de Hong Kong. Outre le fait que le film souffre de coupes tellement grossières qu'elles tendent à accélérer la structure du film, il faut reconnaître que Seven Swords est comme un chant d'adieu du maître pour le genre qu'il a révolutionné il y a vingt cinq ans avec le mythique et bricolé Zu. Bricolé, mais hallucinant par ses excès et sa faculté à créer l'imaginaire et à défier les lois de la gravité. Seven Swords a quelques relents d'une époque maintenant révolue, et ce néo wu xia crépusculaire déçoit parce que les relents sont accompagnés d'un package très proche de ce que l'on trouve dans la stylisation et les moyens mis en oeuvre chez Zhang Yimou ou Chen Kaige, résultat, Seven Swords tente de garder sa ligne directive malgré des effets à la limite de le plomber purement et simplement : la baisse du frame-rate lors des moments nerveux rappellent ce que faisait Wong Kar-Wai dans sa filmographie ou plus spécifiquement pour Ashes of Time, artifice inutile parce que le chaos est déjà imagé par la superbe mise en scène de Tsui Hark et par un montage globalement bluffant. Le montage est sûrement l'une des plus grandes qualités du film, car au-delà des coupes très franches, le film garde la stabilité des grandes fresques au sabre soulignant aussi bien le charisme de chaque personnage qui ont tous une personnalité bien différente, que les intrigues sous-jacentes à la mission principale : lutter contre Ravage le barbare, sorte de Marlon Brando désespéré, ricaneur et pervers. L'épisode de Perle de Jade (interprétée par la si belle et si rare Kim So-Yeon), la traque de l'espion au sein des sept lames, la rivière empoisonnée, la barrière de la langue (bu tong hua / coréen) entraînant la suspicion ou encore la mise en route des divers plans comme l'abandon des chevaux sont autant de moments importants dans l'attachement que l'on peut éprouver pour un film qui, bien que recelant de grands moments, n'arrive jamais à convaincre pleinement. Pourquoi?

     Seven Swords 24   Seven Swords 03   Seven Swords 23

Sans doute parce qu'il est difficile voir improbable d'innover pleinement dans le genre cape et épée, torché et retorché durant l'âge d'or du cinéma de Hong Kong. Sans doute aussi parce que le film ne prend pas le temps d'analyser le comportement de chaque épéiste, à contrario d'un Sept Samouraïs de Kurosawa, chef d'oeuvre absolu parce que bavard, et pas pour dire n'importe quoi à base de métaphores sur la force ou la nature. Seven Swords tombe parfois dans cette marre à brasser du vent pour faire genre, technique qu'un spectateur occidental lambda trouvera fascinante parce que le film vient de Chine, la Chine et ses mille mystères, celle qui est impénétrable. Pourtant le film de Tsui Hark ne révolutionne rien dans sa trame et son discours est fort mince, pourtant, on arrive à l'aimer au bout de cette seconde vision si tardive : avec plus de recul, certains images poseuses ne sont qu'un écho au wu xia fantastique d'époque, avec ce sage de la montagne inculquant à chacun la spécialité du sabre qui leur est du, tout comme l'utilisation admirable de l'espace et des objets (la grande lanterne rouge du début, le vin qui allume les flammes, les murs permettant de réduire l'espace et de rendre les affrontements encore plus tranchants...) qui permettent au film d'étaler les moments de bravoure avec une classe phénoménale. A ce stade, le combat final entre Donnie Yen et Sun HongLei est un pur moment jubilatoire qui exacerbe à la fois les sens, les sons et les frottements de sabres dans un pur souci de rendre hommage à une certaine forme de mythologie. Et de dire cela d'un film coupé presque de moitié c'est revenir à dire que Seven Swords est un grand film dans son genre.



11 juin 2008
par Xavier Chanoine




Du Tsui Hark tout chraché !

Un film est à mon sens le résultat d’une dialectique entre désir et contrainte. Entre l’objectif de départ et le résultat final, il existe toujours un écart du à une multitude de contraintes techniques, budgétaires, de casting, d’exploitation, etc. Un film n’est pas l’aboutissement d’un projet, l’assouvissement d’un désir, mais bel est bien la somme sensible et visible de tout ce qui empêche sa réalisation exacte comme dans un jeu de miroir. Ce n’est une surprise pour personne, Seven Swords le film est en rupture avec le projet initial. Pour sa sortie en salle, le film a été violemment raccourcit à deux heures vingt au lieu de quatre heures. Voici un avertissement de taille qui pose tout de suite l’idée qu’un rapport de force va se jouer dans et autour de ce film.

Cela ne manque pas, identique à lui-même, Tsui Hark, par les coupures qu’il opère dans le film, met en évidence cette imposition venue de l’extérieur en mutilant sciemment des éléments singuliers de la narration. Ainsi, s’il est beaucoup reproché à Tsui Hark d’avoir mal construit son récit en rendant incompréhensible certaines parties, c’est probablement du fait d’une incompréhension du spectateur. Pourquoi Tsui Hark conserve t-il la petite histoire du cheval qui ne veut pas partir, alors qu’aucun élément antérieur n’a introduit la singularité de cet animal et qu’aucun élément postérieur ne le reprend ? Pourquoi l’empereur trouve t il une épée qui semble si importante alors que celle-ci n’intervient jamais dans l’histoire ? Il eut été plus simple d’éliminer ces scènes, relativement courte du reste, au profit d’autres, comme faire une petite présentation des guerriers avant qu’ils ne quittent la montagne. Ces éléments sont devenus des événements qui n’arrivent plus dans le film (puisque plus rien ne les attache ni à la narration entant que tel, ni à la structure du récit), mais au film même.

L’enjeu formel a toujours eut une place prépondérante dans le cinéma de Tsui Hark, qu’il s’agisse des filtres de couleurs à ses premiers trucages numériques. La plasticité est une donne fondamentale chez ce réalisateur qui, bien au-delà de travailler dans une forme cinématographique lui préexistant, travaille la forme même pour se l’approprier pleinement.

Où est passé le budget du film ! Cela paraît évident au vu de la richesse des décors et des costumes. Seven Swords est, dans la lignée de Legend of Zu, une merveille visuelle. Tsui Hark réussit un tour de force rare : les chorégraphies martiales sont filmées avec une très grande proximité. Plus encore, la caméra devient un épéiste prit par l’action, obligée de virevolter pour éviter les coups sans jamais perdre de vue les différents intervenants. Associer proximité et lisibilité de l’action est une chose remarquable qui, si elle n’est pas donnée qu’à Tsui Hark, ne peut cependant pas être accomplit par n’importe quel réalisateur qui s’essaierait au Wu Xia Pian, fusse t-il encadré par de grands professionnels.

Seven Swords devait, me semble t-il, être au départ une fresque épique passionnante associée à une mise en scène remarquable. La réduction de sa durée empêche très clairement l’aboutissement de ce vaste projet. Plutôt que de tronquer son film diégétiquement et esthétiquement, Tsui Hark a conservé l’indispensable, l’irremplaçable : le visuel. Si on peut se plaindre des sautes narratives, du manque d’unité de certains passages, si on peut regretter l’absence d’un certain nombre d’informations, c’est que celle-ci sont malgré tout sensible. Le fait est que le cheval a de l’importance, mais est-il important de savoir pourquoi ! Seven Swords prouve dans son résultat final que Tsui Hark ne prend pas ses spectateurs pour des idiots et qu’un film n’est pas qu’un scénario. Le spectateur possède suffisamment d’éléments pour suivre l’histoire dans ses rebondissements. Tsui Hark se consacre ainsi, dans ce résultat sur la part visuelle avec ce qu’elle a de performance, de symbolique, de contestataire, de provocation et de référentielle.



06 janvier 2006
par MLF




L'enfer des sept armes

Malgré son montage chaotique, ce Tsui Hark m'apparait comme une franche réussite. Rien de plus normal puisque le chaos reste l’habituel point fort du bonhomme. De ce maelstrom de trucs nait toute forme de création. Film aussi engagé que pouvait l’être L' Enfer des Armes, Seven Swords nous dévoile un Tsui Hark tempérant son langage non pas en reniant ses idéaux mais en leur facilitant l’accès au plus grand nombre, crédibilisant davantage son message - parce que message il y a - en tentant d’être plus distant avec lui-même. Une décision qui, jusqu’ici, lui a souvent été fatale.

L’homme à l’origine du Big Bang cinématographique cantonnais nous balance un film dans lequel répliques et pensées filmiques détonnent. « Ne m’appelle pas maître, appelle-moi frère » dit un super-guerrier à l'enfant épaté par ses conseils, une réponse sacrément surprenante à côté des nombreux « sifu » ("maître") sur-respectueusement déballés ailleurs, en particulier dans ses propres OUATIC. Autre passage, autre contexte, autres mots : « allons trouver l'empereur pour le convaincre d'abolir l'edit » nous explique la phrase finale, celle qui sert de guide ultime aux héros, une sagesse mettant en avant le dialogue par rapport au combat, la vengeance n’étant pas là l’habituel moteur dramatique servant à justifier l’action. Dès lors, 7S développe une forme de militantisme avec ses héros montrant l’exemple et des résultats par un comportement différent de la masse, grâce à leur choix d'agir et non une bête réaction épidermique violente. Cette vision n'est pas imposée au spectateur, elle n'est qu’aimablement suggérée par le biais du divertissement, mais sur le fond ne nous y trompons pas, ces 7 épées sortent belles et bien des tripes de leur auteur, guidant le Tsui Hark des débuts en donnant à ses incertitudes d’alors des hypothétiques éléments de réponse susceptibles d’aiguiller cet homme qu’il n’est plus et, surtout, un autre qui pourrait l’être.

Visuellement parlant, la scène la plus irréaliste est celle de ce traître tuant sans en être inquiété tous les villageois, ces derniers ne ripostant pas parce que n’assimilant tout simplement pas ce qui se passe. La scène est décalée mais explicite, elle insiste sur les effets d’une traîtrise, la confiance en l’autre et la stupeur empêchant toute réaction immédiate de défense. Le réalisateur semble nous dire qu’il n’y a rien de pire que cette trahison, rien de plus condamnable que cette arme facile visant à ridiculiser la bonté, la fusionnant à la hâte avec la naïveté-victime, dénigrant ainsi la solution que lui-même défend dans ce film. Cette idée trouve son aboutissement dans les tous derniers plans, ceux avec les enfants. Cette fin est casse-binette parce que naïve(*) mais use de la seule icône valable porteuse d’espoir : quoi qu’il advienne de nos héros, l’espoir doit persister. Il doit être encouragé et entretenu par ces mômes qui représentent une force selon l’institutrice, elle-même incluse dans cette huitième arme, la plus concrète, l’enseignement et le savoir étant ici définis comme ennemis premiers de l’obscurantisme, loin devant des épées magiques et loin devant le cinéma lui-même.

Allons-y d'un petit mot plus léger sur cette BO tant décriée, décalquage perceptible de la composition d’ Avalon du même Kenji Kawai. Le score tend à la simplicité extrême, proche en cela des musiques que l’on peut entendre habituellement dans les DA japonais, voire même dans certain contes naïfs (re) comme L’histoire sans fin de Wolfgang Petersen. Même si, avouons le avec regret, dans la catégorie : « héros sur cheval au galop » celles de Chroniques de la guerre de Lodoss (HAGITA Mitsuo), Vampire Hunter D Bloodlust (Marco d'Ambrosio) ou encore Princesse Mononoké  sont un chouillat plus épiques, notre BO du jour sait être efficace tout du long et son origine japonaise finit même par rendre l’ensemble plus universel sans pour autant l'occidentaliser. Comme quoi, vraiment, affirmer que cette musique ressemble aux initiales de leur compositeur, je trouve cela exagéré.

(*) Cette naïveté qui caractérise tant la nouvelle vague HK. Tsui Hark se répète après le final de Time and Tide, qui lui même nous rappelle John Woo et son "sauvez les bébés" d'A toute épreuve avec sa p'tite métaphore assez semblable.



04 janvier 2006
par Arno Ching-wan




Bon retour de Tsui Hark sans les grandes pompes

Je m'attendais à des scènes d'actions spectaculaires et un scénario bateau. Finalement j'ai trouvé l'histoire vraiment sympa, même si c'est bien loin d'être nouveau et les combats étaient relativement sobre en nombre, et bien imaginés. Une petite déception vient du fait que l'arrivée brusque des super guerriers dans la montagne est plutôt mal expliquée, et jusqu'au bout, il est certains personnages dont on a du mal à cerner l'origine, comme celui qui a les yeux bizarre et qui dit au début ''Je suis ton ancêtre''. Le film est également un peu long mais le temps passe quand même assez vite donc je n'ai pas à me plaindre de ce film. Même si j'attendais mieux de Tsui Hark, c'est quand même un très bon film.



12 décembre 2005
par Elise




Cette façon de le voir...

En l’état, Seven Swords n’est pas le meilleur film de TSUI Hark, mais il est loin d’être le plus mauvais. Malgré ses faiblesses, parfois « structurelles » comme le score inégal de KAWAÏ et à d’autres « conjoncturelles » comme le manque de caractérisation des personnages, le film de HARK propose assez de qualités visuelles, chorégraphiques et de densité métaphorique pour mériter au moins deux coups d’œil plutôt qu’un.

Attendu comme un chef d’œuvre programmé et plus gros budget jamais manipulé par TSUI Hark (plus de 18 millions de dollars US), Seven Swords aura été le film de tous les fantasmes en cette fin d’année. Une lourde responsabilité pour une œuvre censée convenir aussi bien aux fans les plus durs du réalisateur, qu’aux déçus de ses dernières productions, sans compter ses détracteurs récurrents tout en n’oubliant surtout pas le grand public, grosse production et mondialisation oblige. Présenté parfois à tort comme le « véritable retour de TSUI à HK », cette production pan asiatique (HK/Chine/Corée) s’inscrit bien plus dans le processus de structuration de l’industrie cinématographique continentale chinoise que dans celui d’un hypothétique retour de HK au premier plan, quelle que soit le sens que l’on mette dans le mot « retour ». Après la vague des « néo wu xia pian » qui fit les beaux jours de la Filmworkshop au début des 90’s, la nouvelle donne historique issue du retour de HK à la Chine, la multiplication des co-productions HK/continent et l’émergence de ce même marché continental, ont eu comme conséquence culturelle sensible une « mandarisation » de la production. Exit le cantonais donc et sa gouaille souvent outrancière, les nouveaux wu xia se font désormais dans un mandarin qui sonne plus solennel, se positionnant avec des prétentions artistiques plus sophistiquées ainsi que des prétentions financières plus élevées. Avec Seven Swords TSUI Hark ne tente donc pas un retour au - ou du - cinéma HK. Ce n’est plus un WONG Kar-Wai qu’il a en ligne de mire, mais bel et bien ZANG Yimou et dans une moindre mesure Ang LEE. Comme une grande partie du cinéma de HARK, Seven Swords est par essence polémique, frontalement, avec insolence. Ce n’est donc pas faire œuvre de « surinterprétation » que de considérer le nouveau film du réalisateur dans une perspective de confrontation. Ce n’est d’autant pas « surinterpréter » que très tôt dans le projet les déclarations des producteurs ou du cast fondaient en partie la démarche de HARK dans cette optique, Donnie YEN devant même s’y reprendre à plusieurs reprises dans les médias chinois pour ménager la chèvre et le choux après des déclarations « ambiguës » sur la question.

Film épidermique dans ce contexte, Seven Swords tente donc également de redéfinir un genre en état d’inflation « glamouresque » et d’hypertrophie visuelle. Aux bluettes sentimentales de Ang LEE le film de TSUI oppose trois triangles amoureux qui se chevauchent, où le langage de la chair domine, faisant du personnage de Donnie YEN à la croisée de ces trois triangles, une incarnation de la notion de virilité. Le réalisateur hongkongais ne s’était d’ailleurs pas caché de vouloir faire de la star martiale, avec ce film, une icône érotique. Une séquence mémorable de Seven Swords affirme ainsi sans détour cette intention, où l’on voit l’institutrice du village martial le regard levé, fascinée, se saisir de la garde de l’épée de Donnie YEN pour la sortir de son fourreau. Deux plans qui installent définitivement les armes des personnages comme prolongements directes de leurs personnalités tout en ramenant un « des fonds de commerce » du wu xia à sa plus simple expression cinématographique, un plan et trois idées : arme, amour, sexe. Quant à la notion d’héroïsme, à l’opposé de la vision toute soumise à la raison d’Etat livrée par YIMOU dans Hero, HARK s’attache à nous décrire la résistance à l’Etat d’une communauté de rebelles aidée par des chevaliers rebelles (et on n'évoque même pas l'analogie historique évidente des rapports Révolution Culturelle/kung-fu...). Ici, « techniquement » parlant et contrairement aux sept samouraïs du film éponyme de KUROSAWA auquel Seven Swords ne doit finalement pas grand-chose, les hors-la-loi ce sont les héros, et les paysans (personnages de Charlie YOUNG et de LU Yi) n’ont pas à se cacher pour prétendre au statut de chevalier (ou de héros) comme le faisait MIFUNE : ils le deviennent.

Si Seven Swords peut se voir « en opposition », dans ses détournements et prises de position, le film de HARK fonctionne aussi parfois par autoréférence : on ne peut ainsi s’empêcher de voir dans le personnage de l’esclave coréenne Green Pearl une réminiscence de la prostitué de The Blade, tout comme le personnage du bad guy incarné par SUN Honglei se présente au début comme une déclinaison de celui joué par XIONG Xin-Xin dans le même The Blade. Visuellement aussi, dans la chorégraphie des combats, Seven Swords paye son écot au chef d’œuvre de HARK : sans en atteindre le paroxysme et le jusqu’au-boutisme, l’approche visuelle des chorégraphies ne se départie pas de son sens du hors champ si dynamique et immersif. Mais la comparaison sur ce terrain reste ici forcément à l’avantage de The Blade, même si les chorégraphies de LIU Chia-Liang se veulent plus sophistiquées – et elles le sont – l’intensité n’est pas la même. De la même façon, thématiquement, les deux films ont en commun de mettre au centre du récit l’objet de leurs titres, mais dans une perspective différente : la lame brisée de The Blade est plutôt historique (la filiation, l’héritage, la continuité) tandis que celles de Seven Swords sont individualisées. Dans le premier cas l’arme est métaphoriquement chargée du poids du passé tandis que dans le second elle se fait l’écho de personnalités en gestation : Charlie YOUNG et son épée à « double sens » dont on ne sait par quel bout la prendre comme elle ne sait elle-même comment se positionner dans le groupe, son jeune collègue paysan – incarné par LU Yi - plus enthousiaste et fougueux qui hérite lui d'une épée à grande force d'inertie dont les élans destructeurs incontrôlés s'apparentent à la fougue de son possesseur, Donnie YEN et son épée sexuée comme prolongement frontalement phallique, Leon LAI avec un personnage « auto castré » qui ne veut pas s'impliquer héritant de l'arme des "chochotes" (défensive uniquement, ne s'engage pas, et donc pas de problème s'il a un jeu d'acteur peu concerné), le personnage mutique à la rage contenue joué par TAI Li-Yu (« gros sourcil ») maniant des armes de jets tuant à distance comme lui se tient à distance des autres, etc... On retrouve donc vraiment une réelle alchimie ainsi qu’une grille de lecture pertinente pour suivre la dynamique de groupe des héros, mais plutôt diffuse en raison du montage écourté qui semble s’être « assis » sur la caractérisation des personnages, et donc leur identification à leurs armes. Mais même si dans ce montage cinéma les situations paraissent s’enchaîner trop souvent de façon absconse, si les sous intrigues ne trouvent pas toujours de résolution, si des révélations sur le passé d’untel tombent comme un cheveux sur la soupe quand elles n’ont pas tout simplement été sabré, le tout garde encore assez de force pour donner envie d’en savoir plus.

Pas étonnant dès lors qu’une bonne partie des personnages, au premier rang desquels la moitié des personnages principaux, se retrouve réduit à un simple rôle de figuration, à des personnalités à peine esquissées ou figées. En choisissant de focaliser sur le triangle amoureux « bad guy/Donnie/esclave coréenne » parce que ce dernier est le moins dispensable pour l’intrigue (implique directement le méchant et... met en avant un argument de vente pour le marché coréen... ?) au détriment des deux autres triangles en résonances (la fascination pour Donnie de l’institutrice incarnée par ZHANG Jing-Chu fait ici pièce rapportée et ne trouve même pas de résolution), le montage cinéma fait montre d’une linéarité qui plombe le rythme d’un bon tiers du film, le tout encadré par un flash back bien balourd en terme de mise en scène : une séquence – la capture de Chu Zhaonan et de l’esclave par les hommes de Fire Wind – à n’en pas douter plus longue (des scènes de combat non retenues sont visibles dans certains reportages promo) et originellement insérée dans le cours du récit... Et de la même façon qu’une bonne partie du passage « mystique » au Mont Tian a fait les frais des impératifs d’exploitation salle (dont le caméo de TSUI Hark en paysan montagnard), nous privant ainsi de background dans la mise en place des sept héros, l’ensemble du film brille autant par ses fulgurances que par ses absences. Comme si un plan sur deux avait fais les frais du montage, ce qui n’est finalement pas si loin de la réalité quand le scénariste CHEUNG Chi-Sing déclare (Beijing News de juin 2005) que le premier montage livré par Angie LAM faisait quatre heure. Reste que malgré cela Seven Swords offre tout de même son lot de personnages intéressants, au premier rang desquels le bad guy qui derrière son cabotinage apparent révèlera une personnalité écorchée pas loin d’inspirer une certaine pitié et plutôt éloigné d'une simple personnification du concept moral du mal (comme le Sauron du SDA par exemple), plus proche d'un pauvre hère tout en frustration incapable de nouer des relations autrement que par la soumission et la possession (1), un leader finalement tout juste bon à rassembler une meute autour de lui en lieu et place de frères d'armes. Côté gentils", outre un Donnie YEN magnétique, on retiendra avant tout le personnage de Charlie YOUNG, tout en incertitude et fragilité apparente, qui suscite une sympathie immédiate, le rapport avec son épée étant en l’occurrence un des mieux exploité...

Au final si Seven Swords est loin d’être exempts de scories, au premier rang desquelles un score inégal (thèmes héroïques sous utilisés, curieuse absence du « killer thème » héroïque qui accompagnait la bande annonce chinoise, présence de thèmes « gnangnan »), et de baisse de régime (un tiers du film à l’action bien tassée, un tiers d’une grande linéarité, un dernier tiers re-tassé), le tout reste assez distrayant, ludique et bourré d’intentions pour susciter l’adhésion. Encore plus une fois débarrassé d’attentes forcément présentes quand il s’agit du « nouveau film de... ». Seven Swords ne révolutionnera pas le genre, sur ce plan là TSUI Hark n’est pas encore sorti de The Blade, mais offre une alternative viable qui ne demande qu’à être étoffée (selon TSUI Hark d’après le site sina.com partenaire du film en Chine, un cut de 4h a de bonnes chances de voir le jour en DVD). On passera donc par pertes et profits les plans avec les « zenfants » (et leur thème musical), les déséquilibres de mise en scène et les blancs du scénario, les qualités restent plus nombreuses.

(1) La caractérisation qu'en fait HARK telle que rapportée par le dossier de presse en anglais (voir l'onglet news de la fiche version anglaise) est sans équivoque : “Fire-wind is like a ruthless businessman; everything he does is for the purpose of survival, even if it means hurting innocent people. He does not have a high regard of himself, he doesn’t enjoy doing the things he does, but society requires him to become the cold-blooded figure he is in order to survive, so he’s simply following the rules of the game set by the system.”



16 octobre 2005
par Astec




Grand et décevant

L'un n'exclue pas l'autre, les qualités du film sont bien réelles, à commencer par son esthétique. Certes les premières sur ce plan pourraient laisser craindre le pire, mais le film s'échappe heureusement rapidement de cette colorisation pour revenir à plus de naturel. Rien de comparable à ce qui fait de Hero le summum en la matière, mais du travail soigné en tout cas. Qualité également des combats, peu nombreux malheureusement, bien chorégraphiés et où Tsui Hark montre son sens de la dynamique avec quelques beaux mouvements de caméra. Il faut ajouter à cela la qualité générale de l'interprétation dans un film où le moindre excès dans le jeu viendrait facilement sauter aux yeux, nul doute que la direction d'acteur est pour beaucoup dans l'homogénéité des performances.

Malgré tout cela, il faut bien reconnaître que Tsui Hark est passé à coté de quelque chose.. et nous aussi! C'est surement cela qui gène le plus à la vision du film, cette impression de manque, de trop peu qui nous laisse sur notre faim. La faute au peu de cas qui est fait du spectateur en lui balançant des personnages qui pourraient être significatifs mais qui ne font que traverser l'écran (celui de Duncan Chow par exemple). Certes, une réalisation intelligente aurait pu utiliser cela. On y croit d'ailleurs 30 minutes au début du film, le montage nerveux et la succession de scènes disparates m'a fait espérer une construction dans laquelle le film monterait en puissance pour se résoudre dans une vision qui éclairerait cette apparente discordance. Mais non, rien de tout ça, le film est simplement décousu et le reste jusqu'au bout. Finalement, Seven Swords dans la version qui nous est présentée, vient se ranger aux cotés de films comme Musa, La princesse du désert, avec contre lui le fait de prétendre ou du moins de nous faire espérer plus qu'il ne nous donne. Déception donc, qu'une future version longue viendra peut-être racheter.



11 octobre 2005
par jeffy




Un Tsui Hark bancal à la place du grand retour espéré

Depuis un Legend of Zu aussi beau que controversé et un Black Mask 2 navrant, on était sans nouvelles de Tsui Hark cinéaste. Tout au plus avait-il participé à un film à sketches anecdotiques (1:99) et s’était-il contenté du rôle de producteur pour un résultat mitigé : un série B correcte (Era of Vampires) et un film de boxe de plus (Xanda). A l’annonce du projet Seven Swords, tout permettait d’espérer le retour en grâce d’un grand du cinéma asiatique contemporain. Un pitch à la 7 Samouraïs, une volonté de revenir à un certain réalisme dans le wu xia pian, un score signé du talentueux Kawai Kenji: tout ceci sentait l’odeur d’un de ces projets mégalomanes dans lesquels le talent et le sens de l’audace de Tsui Hark pouvaient pleinement s’exprimer.

Comme d’autres projets du maître hongkongais, Seven Swords est un projet de cinéma en réaction. Time and Tide se voulait ainsi une réponse au succès US de John Woo et au phénomène Milkyway. Il tentait de redéfinir le cinéma d’action hongkongais en prenant le contrepoint de l’héritage de Woo. Legend of Zu fut produit en réaction au succès hongkongais de Stormriders. Il tentait quant à lui de proposer un spectacle numérique incarné. Seven Swords s’inscrit de fait dans cette logique. Avec ses ambitions de retour au réalisme dans les chorégraphies et son refus de toute joliesse dans le choix des décors comme des costumes, le film semble se poser comme une réponse à la stylisation clinquante du wu xia pian version Yimou. Mais aussi une réponse à un «irréalisme» aérien du genre désormais popularisé hors HK par Yimou et Ang Lee. Concernant ce dernier point, il s’agit en outre pour Tsui Hark de tourner le dos à une tendance du wu xia pian qui lui a permis de se faire un nom sur la planète cinéphile. Sauf que là où Tsui Hark imposait avec les deux films plus haut cités ses propres conventions formelles et narratives le traitement narratif et formel se fait cette fois finalement plus classique.

Narrativement, le film est certes sans véritable personnage principal. Mais cette multiplication de personnages et de sous-intrigues n’est finalement qu’un type de narration beaucoup vu dans le sérial. D’où un type de narration bien moins déroutant que celui d’un Time and Tide ou un Legend of zu… Cette abondance de personnages sur une durée de deux heures trente pose-t-elle dès lors vraiment problème ? Pas forcément en théorie, car le cinéma fourmille de films réussis sans personnages principaux (La Ligne Rouge par exemple). C’est là aussi que je souhaite m’inscrire en faux sur l’idée qu’un personnage un minimum consistant, impliquant, charismatique etc ferait partie des inévitables au cinéma. Cette idée du character development, de l'acteur de charisme etc est très liée à l’ère classique du cinéma. Alors que classicisme et modernité sont déjà derrière nous depuis longtemps au cinéma. Ce point-là n’est pas un incontournable mais un point de subjectivité cinéphile. Des personnages un minimum consistants ou impliquants ne sont par exemple pas le point fort d’un film comme Soy Cuba, film qui tire avant tout sa force des émotions charriées par sa mise en scène et son montage. Tout ceci n’empêchant pas le film d’avoir d’ardents défenseurs sur la planète cinéphile. De même que pas mal de séries B stylistiquement brillantes mais au script tenant sur un ticket de métro…

Mais revenons-en à Seven Swords. Le trio amoureux, l’arme comme véritable personnage, le rapport du combattant à son arme, tout ceci correspond à quelques grands thèmes du cinéma de Tsui Hark, thèmes qui ne sont ici qu’esquissés. De même d’ailleurs que la question des rapports de groupe entre les «mercenaires»… Quelques-uns de ces thèmes sont néanmoins en partie développés dans des scènes d’action peu nombreuses. Et des informations étoffant un peu ces enjeux narratifs n’arrivent malheureusement qu’en flash back sur la fin. Pourquoi ces carences du script posent-elles plus problème que dans un Time and Tide? Parce qu’il s’agissait d'un film où primaient les questions de corps, d’espace et où le style était tout autant (voire plus) un moteur narratif que le récit. Dans un film plus proche dans sa facture et son ambition du cinéma épique «classique», cela devient plus préjudiciable. Quant au casting, la direction d’acteurs oscille entre le bon (Liu Chia Liang, Donnie Yen) et le médiocre ou inégal (Leon Lai, Charlie Young).

Concernant le traitement formel, il est de bonne facture malgré quelques petites déceptions. Hors combats, la mise en scène lorgne globalement vers une certaine ampleur classique avec néanmoins quelques nuances dans les détails (usage épisodique d’un style plus heurté lors d’un dialogue ou d’un face à face). La photographie est belle sans être clinquante et le travail sur le cadre et la composition des plans évite le piège de l’esthétisant. La mise en scène hors combats est le plus souvent réussie dans son classicisme «nuancé» même si pas dénuée de scories. On est ainsi déçu par un usage très convenu du ralenti digne du premier yes man coréen venu. Malgré ses qualités, la mise en scène hors combats ne parvient jamais à faire décoller le film. C’est qu’il s’agit globalement juste d’un travail de bon artisan et il aurait fallu mieux pour un tel film. Le film décolle d’ailleurs vraiment lors des rares scènes d’action où Tsui Hark fait preuve d’un vrai sens du chaos exprimé par les seules forces du montage et du travail sur le cadre. Dans ces moments-là, il survole l’académisme juste efficace des combats d’un Ang Lee ou la stylisation clinquante et la lenteur zen poseuse de ceux de Yimou. Et si cet art d’exprimer visuellement la sensation de chaos n’est pas neuf chez lui il se déploie avec une économie de moyens ne diminuant pas sa force. Une scorie majeure empêchant souvent le film de décoller est le score de Kawai Kenji. Lorgnant vers les grands scores épiques classiques, il n’atteint jamais leur grandeur car sombrant trop souvent dans le mièvre ou le pompier. Et quand on sait l’importance d’un score pour ce qui est de tirer vers le haut un film historique (cf les classiques kurosawaiens) cela ne pardonne pas.

Seven Swords n'est au final pas le grand retour espéré d'une figure majeure du cinéma de Hong Kong. Faut-il pour autant proclamer que le zénith de Tsui Hark est derrière lui ? Non, car ce serait parler cinéma comme on parle des actions en Bourse. Surtout quand on repense aux grands à la carrière en dents de scie (Huston, Polanski…). Et quand Seven Swords n’est ni le come back claironné par certains ni le gros ratage proclamé par d’autres… Juste un Tsui Hark bancal traversé de quelques éclairs de grâce.



06 octobre 2005
par Ordell Robbie




Épique XS

La démarche est intéressante puisqu'après avoir repousser les (dernières ?) limites du wu xia avec The Blade, Tsui avait voulu le révolutionner à nouveau avec l'avènement du tout synthétique au service de sa créativité et Legend of Zu, résultat particulier mais osé. Seven Swords annoncé comme le retour tant attendu du Wu Xia se redirige lui vers l'artisanal, le terrestre, le moyenâgeux, l'âpre et le rugueux. Une nouvelle piste prometteuse entre les mains de Hark toujours reconnu comme l'un des fers de lance des créatifs HK.

Et pourtant, 1000 fois pourtant, le wu xia qu'il délivre se détourne clairement de l'âme du maître et son audace tant attendue surnage difficilement au coeur d'un film qui n'est plus sauvage qu'aux entournures et tourne irrémédiablement vers la bouillie chinoise consensuelle et télévisuelle. Soyons clair, Hark n'est pas réputé pour être un conteur mais un créatif doué pour l'action et les envolées visuelles de toute sorte. Que ce soit les costumes, les techniques, la mise en scène, sa force, c'est sa créativité et sa connaissance de la dynamique et de l'accélération de la narration, or ici c'est tout le contraire ! Une belle photo et quelques très beaux décors naturels, c'est déjà ça de pris et une réussite pour Seven Swords, mais le récit qui démarre pourtant sur de bonnes bases Hargneuses et commence à installer un climat épique va se perdre dans un développement des personnages terrifiant de pauvreté et de maladresse. Tsui vient s'enfermer dans 2h30 d'héroïsme convenu et de bons sentiments mielleux tartinés de répliques philosophiques archi rabâchées, et se permet même d'y insérer des météores pour enfoncer le clou : qu'est-ce que cette scène de chevaux qu'on libère vient faire là !!!??? Mais pourquoi l'autre se met à chialer !!?? Comment ne pas être déçu des personnages dont le plus beau trait de caractère est leurs épées !?
Les épées sont belles, originales, singulières, aux formes brutes et possèdent chacune leur sonorité. Elles restent la plus belle réussite de Seven Swords avec la photo et les décors. Elles sont les accessoires qui donnent un peu de vie à des personnages taillés au burrin d' un primaire déprimant. L'un ne peut bouger qu'en faisant le fier et en tendant les bras en arrière avec un style bestial et des mirettes de chat, l'autre sourit avec son bonnet "péruvien" pour signaler qu'il est cool, Léon Lai est fondu dans un moule Adam Cheng période Zu et arbore la même impassibilité mais rien ! le vide ! Ils doivent lancer 5 répliques consistantes à tout casser en 2h30 ! Et la moitié dans un flash back final des plus mal placé puisqu'il semble vouloir rattraper ce qui n'a pu être dit avant. Mais qu'est ce qu'ils faisaient pendant deux heures alors ???! Heureusement que Liu Chia Liang et Donnie Yen apportent un peu de charisme à ce clan de pantins. De l'autre côté, la fameuse horde de barbares promettait beaucoup avec leur faciès de malades et leurs armes post Conan le Barbare.... Tout ça, pour que les plus balèzes se fassent étriper en deux secondes dès les deux premiers combats ! Il ne reste plus dès lors qu'un bad guy mal accompagné pour transmettre une oppression ennemie, autant dire rien. Mention comique pour le caméo de Michael Wong parachuté au milieu de nul part comme un peu tout dans Seven Swords.

Avec simplement deux combats au début qui suffiront à vous faire patienter jusqu'au final, le quotas est rachitique ! Que dire de la première bataille où 300 protagonistes sont censés mourir au cours d'un assaut alors qu'on ne voit que quelques mini duels à peine réussis à la vue du surdécoupage, des câblages qui semblent dater d'il y a plus de 10 ans et de décadrages illisibles indignes de Tsui Hark. On y retrouve bien un peu du chaos poussiéreux de The Blade lors d'une première heure de bonne teneur épique qui semble faire monter la sauce, mais le récit d'une part et les combats courts et étriqués de l'autre replaquent le tout au sol .
Heureusement, le final arrive sur ses grands chevaux aprsè une deuxième heure calamiteuse pour réveiller le spectateur la main sur l'accoudoir prêt à se lever. Beau final enfin ! Un final qui n'est plus que l'orange qui accompagne le pain au lieu du festin promis. Rappelons que la forteresse est censée être bondée de plus de 3000 guerriers mais que personne n'en verra la couleur et que les troupes restent bien sagement immobiles la plupart du temps. Quelques minutes radines offrent enfin de la virtuosité du roi de Hong Kong, et encore. Que dire de ce passage final dans le couloir qui n'est autre qu'une repompe du final de Martial Club de Liu Chia Liang (un peu normal, il est ici chorégraphe, mais tout de même) revisité à la sauce Tsui Hark ? Enfin, c'est toujours ça de pris et c'est enfin réussi. Il est temps d'accélérer jusqu'à la fin qui n'en finit pas de conclure puisqu'évidemment, il n'y a plus rien à dire.

Seven swords a bien entendu des qualités visuelles (c'est Tsui quand même) mais son récit malade, s'appauvrit à chaque minute pour s'embourber dans le totalement surfait pas implicant pour un sou, particulièrement (mais pas seulement ce serait trop facile) parce qu'il nous présente une bande de personnages qui ne sont que des ébauches de personnages alors que les 2h30 sont pourtant centrés sur eux. De simples concepts design dont l'union n'est jamais clairement transmise, qui évoluent de plus dans un monde mal installé où le danger n'est jamais palpable, où l'ennemi n'a aucun poids, où les héros vont s'enterrer dans une grotte mal dégrossie où les tenants et aboutissants deviennent rapidement rachitiques, où les approximations pullulent, où le récit s'enterre peu à peu, consciencieusement, et où finalement l'action en sort radine comme jamais.

Terminons par la musique symphonique parfois bonne, souvent simple ersazt sans vie de Legend of Zu et il n'y a plus qu'un pas pour conclure que Hero, Les poignards Volants, Tigre et Dragon, Musa (et même Bichunmoo tout à fait personnellement) offrent tous plus que Seven Swords.

Théorie parfaitement subjective (et facile aussi) du suceur de Peter Jackson :
Petit ajout pour mettre le doigt sur quelques petits détails manifestes qui me font irrémédiablement ricaner, une bonne dose de particularités et de scènes de 7 swords sont étonnament proches du Seigneur des Anneaux : - une communauté d'origines diverses qui s'allie contre le mal et s'habille à la mode écolo du pauvre, - une attaque de château qui ne peut que reprendre timidement un ou deux plans similaires de l'attaque du gouffre de Helm, - des méchants sauvages aux armures bourrées de pics et de protubérances distordues en tout genre, - une conclusion interminable qui cherche à refermer tout en cascade (sauf que pour Seven Swords, il n'y a pas grand chose à conclure), - des paysages extra larges de sommet de montagne enneigée, de grotte et de plateau nu, constats assez logiques et propres au genre je vous l'accorde.
De simples coïncidences me direz vous. Ok, en voici d'autres plus corsées dont la première très justement relevée par Oli et qui répondrait même à ma question posée plus haut : - le lâcher de chevaux et de l'étalon en particulier qui fait notoirement écho au passage à l'entrée de la Moria où Sam Gamji dit adieu à son poney Bill, - Le plan en contre plongée de l'épée plantée sur un flanc de montagne enneigé qui rappelle furieusement celui de l'anneau laissé tombé par Frodon dans la neige et vu avec la même contre plongée lors de la route vers la Moria. L'épée est d'ailleurs aussi une réplique beaucoup plus grande pour accentuer sa présence imposante, tout comme l'anneau...
Allez, on va pas s'arrêter en si bon chemin, en voilà deux autres, la première toujours de Oli : - la fuite des villageois avec toute la populace dans des décors assez nus pour aboutir à un arrêt de cette fuite et la mise en place d'un camp dans un lieu équivalent à une impasse, avec les femmes et les enfants planqués au fond des grottes. - Et pour finir, comme dans le Retour du Roi, la pause camping et pique nique qui aboutit au départ du héros principal (donnie yen vs Viggo Mortensen) pour une quête annexe ultra dangereuse, avant le final et les retrouvailles...

04 octobre 2005
par drélium




Tout ça pour ça ?!

Seven Swords est l'un des films "HK" les plus attendus de ces dernières années, le (réel) film du retour de Tsui Hark au pays, bref, un film ayant suscité beaucoup d'attente. Mais voilà, le film se révèle aussi être une des pires déceptions du moment, pour le malheur de beaucoup.

Le film est en fait l'adaptation d'un roman fleuve chinois qui, racourcit à 2h30, compacte ou supprime forcément de nombreux éléments. Du coup, l'histoire est brouillon à souhait....en fait, je n'ai à peu près rien compris. L'histoire, étrangement similaire à celle des Sept Samurais de Kurosawa (d'ailleurs, ce dernier s'était-il inspiré du même roman ou l'inverse...à voir), est celle de deux jeunes combattants de la triade de la Terre et du Ciel (Heaven & Earth society) désireux de sauver leur village de l'extermination par des troupes mandatées par l'Empereur ayant l'ordre d'executer quiconque pratique les arts martiaux, et pour se faire partent pour le Mont Céleste (Tian Shan) et ramènent avec eux cinq autres guerriers, d'où Seven Swords. A priori basique, le scénario révèle pourtant des subtilités lourdement expédiées au détour d'une réplique, faute de temps, d'où ma confusion quant aux relations entre le méchant et le personnage de Liu Xia-Liang, quant au passé de ce dernier, etc...

Non seulement, le film embourbe le spectateur dans son scénario plus vague que tortueux, mais montre en plus prétentieusement quelques effets de réalisation un peu facile et pas vraiment utiles ni justifiés De plus, avec pourtant des rumeurs de tournage dans des endroits à faire pâlir Le Seigneur Des Anneaux, le film se fait battre à plates coutures sur le plan décors et costumes par un Hero de Zhang Yimou car hormis les plans certes impréssionants mais peu nombreux de déserts et du Mont Tian, les paysages ne se bousculent pas vraiment non plus et les horribles costumes complétement anachroniques de Seven Swords font bien pâle figure à côté des récents Wu Xia à gros budget, hormis peut-être pour les sept épées uniquement car les autres armes sont tout bonnement ridicules (est ce qu'on se bat avec un parapluie ?...à part quand on s'apelle Wong Fei-Hung, bien sûr...). Idem du côté des chorégraphies annoncées révolutionnaires par certains alors que les combats sont nerveux, rapides...mais parfois un peu trop au point que le débarquement des Seven Swords au village pendant l'attaque qu'on attend pourtant impréssionant, est expédié en moins de 5 min et sans fracas. Et c'est justement tout le problème de ce film, il a tout bonnement été annoncées et avancées trop de choses depuis les premières étapes du projet jusqu'aux premières bande-annonces (même le très beau coffret joue jusqu'au dernier moment la carte de l'esbrouffe). Et ceci est bien dangereux car le plaisir est souvent lié à l'attente, tout comme le mécontentement...

Côté acteur, il faudra repasser, la plupart sont doublés, Leon Lai Ming est toujours aussi plat et Donnie Yen Chi-Tan n'a malheureusement pas assez de place pour exister. Quant à la musique, je suis apparement le seul, mais je n'ai moi même pas retenu le thème principal du film, rien ne vient transcender les scènes clés....bref, raté aussi de côté là. D'ailleurs, les hong-kongais n'ont pas répondu présent du tout et le film n'a pas même pas atteint la moitié des recettes d'un Ong Bak (film pourtant étranger)....j'éspére pour Tsui Hark qu'il a bien marché en Chine et qu'il le vendra bien en Occident...

En Bref, même si le film est loin d'être un navet, les espoirs placés dans ce Seven Swords étaient nombreux et justifient (les attentes ont bien été suscitées à coup de news et d'annonces diverses) le mécontentement souligné de ma critique. Un film un peu prétentieux et surtout un beau ratage...dommage.



03 octobre 2005
par Archibald




Trop long car trop court.

D'un Tsui Hark, on attend toujours l'Everest, Once Upon a Time Seven Blades, un film qui fait avancer un genre de quelques années, un chef d'oeuvre en bref. Time and Tide et Legend of Zu n'avaient pas convaincu tout le monde, mais ont chacun une belle liste de fans. Black Mask 2 sonnait comme l'accident de parcours dans l'attente du vrai nouveau chef d'oeuvre du maître de la Workshop qui allait le réconcilier avec le public et la critique Alors verdict pour cette coproduction Sino-Hong Kongaise? Hélas forcément décevant, le film se révélant certes splendide visuellement, mais aussi décevant narrativement parlant

La narration est très clairement le gros problème du film. Les personnages sont trop nombreux pour 2h30 de film, impossible de s'identifier ou de s'intéresser à l'un d'eux. Il n'y a pour commencer quasiment aucune exposition des personnages. Autant dans un "7 Mercenaires" (comparaison facile, les deux films ont un peu le même pitch de départ), on découvre les 7 Mercenaires un par un, autant ici 3 d'un coup, puis 4 de plus, en veux-tu en voilà. Chaque personnage a son histoire, son arme qui lui correspond, mais tout n'est qu'ébauché, pas vraiment raconté. Ensuite même si le scénario ne manque pas de rebondissements, bizarrement l'intensité dramatique n'est jamais vraiment là. Il y a de l'idée au niveau ambiance pourtant, on est quelque part entre The Blade et Mad Max (voir les costumes, armes et maquillages des méchants), mais cela ne compense pas les faiblesses de la narration. Le paradoxe étonnant du film est bien là: Seven Swords est trop long car il est trop court. En coupant large dans le roman original pour s'en tenir à 2 heures 30, on perd le développement des personnages qui fait que le film est parfois ennuyeux. Il est d'ailleurs probable que la version longue et surtout la série TV Seven Swords of Mount Tian s'adaptera mieux au rythme du roman, en lui laissant le temps de se raconter dans un format plus adapté. En l'état le film est assis entre deux chaises: il fallait partir sur 1h45 avec moins de personnages et dans un style 'action' ou oser les 4h et garder la densité du roman.

Par contre les fans de Wu Xia et de Tsui Hark ont tout de même de quoi trouver leur bonheur dans le film. Les scènes de combat sont assurément de top niveau, même si les effets d'annonce "renvoie Zhang Yimou et Ching Siu Tung se rhabiller " sont un peu (complètement) exagérées.Tsui Hark fait à nouveau preuve de belles idées, les combats vont à 200 à l'heure, même si toutes les choré ne sont pas révolutionnaires non plus. On apprécie également le soin apporté aux épées, celle de Charlie Yeung méritant à elle seule son propre film.

Au niveau casting, pas vraiment de faute de goût, Liu Chia Liang, Charlie Yeung et Leon Lai se débrouilant finalement assez bien vu que leurs personnages ne sont pas développés et n'évoluent pas. Donnie Yen manque un peu d'espace pour donner du volume à son personnage, et le reste du casting est assez peu exploité. C'est dommage, tout le monde connaît le potentiel des acteurs chinois, surtout face à un Donnie Yen ou un Michael Wong (caméo involontairement assez drôle pour les fans). Quant à la musique de Kenji Kawai, c'est l'autre grosse déception du film avec la narration. Alors que Tsui Hark, orphelin de James Wong, était parti pêcher un compositeur japonais de renom pour pallier au manque de talent des compositeurs locaux, il obtient l'inverse du but recherché: la partition de Kawai est bonne, on se souvient du thème principal, mais elle est surtout sans AUCUNE amplitude. Seven Swords mérite de l'amplitude, du Poledouris de Conan le Barbare, du souffle, de l'élévation. Pour ce genre de film, la musique est souvent l'étincelle qui vient mettre le feu au film, comme le thème de Wong Fei Hong dans Il était une fois en Chine, la musique de Legend of Zu ou justement le Conan de Poledouris. Mais ici elle est assez moyennement utilisée, malgré ses qualité.

En l'état Seven Swords n'est pas mauvais, loin de là, mais d'un Tsui Hark, on attend autre chose et donc la déception prime. On attend peut-être l'heure et demi coupée qui donnerait peut-être ces émotions qui manquent tant au film. Et l'état, le film s'est pris une taule face à l'Initial D d'Andrew Lau sur les terres même de Tsui Hark, qui décidemment n'est plus en phase avec le public qu'il a tant fait rêvé. Faut-il pour autant crier à la fin de carrière? Pas vraiment, surtout qu'on attend de pied ferme le VRAI montage du film, celui laissant de la place aux personnages, à leurs armes, à tout ce qu'on devine via les bonus du DVD ou le montage actuel. Donc déception, oui certainement, mais transitoire, en attendant ce qui a été vraiment promis.

03 octobre 2005
par François




Très laborieux

Au cinéma, il y a des basiques auxquels on peut difficilement échapper : la définition de personnages un tant soit peu consistants, intéressants, symboliques, complexes ou charismatiques en est un. Or dans Seven Swords, rien de tout çà ; on peut certes admirer la photo magnifique bien que parfois un peu vaine (ces premiers plans, dans des tons grisâtres où le rouge des drapeaux ressort franchement, semblent tirer vers le style « gratuit » sans réelle signification), on peut certes apprécier le score énorme de Kawai Kenji qui, sans trop se renouveler, apporte sa patte très personnelle à l’œuvre en donnant à certaines scènes un côté mystique, on peut également applaudir le peu de scènes d’action parsemant le récit – notamment un passage impressionnant où 2 hommes s’affrontent entre 2 murs.



Des bons points donc, mais pour ce qui est des personnages, c’est le quasi-néant : on est en présence d’armes, d’armées, de commandos, de cavaliers, bref d’ombres humaines planquées sous des armures épaisses – mais rien auquel le spectateur puisse s’identifier clairement, ressentir la moindre petite émotion ou compassion. Tsui Hark est déjà coutumier du fait avec par exemple Zu, Legend of Zu et dans une moindre mesure Time and Tide : il choisit le film « de masse » au risque de le vouer à un film « massue » auquel on n’accroche jamais. Dans ces conditions, l’intrigue peut sembler brouillonne et laborieuse, on a l’impression de tourner en rond, d’autant que la mise en scène n’a pas le punch et la virtuosité que l’on est en droit d’attendre de Tsui et que les bavardages abondent. Au final, ces 2h30 paraissent bien longues – voire interminables, et Seven Swords aura bien du mal à rester dans les annales du fait de son monumentalisme mal digéré, impersonnel, quasi inhumain…



03 octobre 2005
par Ghost Dog


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